juillet 11, 2012
ADDEZ-LES, SEIGNEUR

Il y a quelques mois, dans le cadre de mon travail, j’ai dû créer des profils facebook fictifs. Dans une tentative candide et ô combien peu efficace qui n’est pas sans rappeler cette réplique mémorable tirée de Arrested Development

GOB :  We need to find what people want and then sell it.

(je cite de mémoire et en même temps c’est mon tumblr donc allez vous faire foutre sales fascistes) j’ai été mise en charge de ce projet de… communication digitale ? Buzz ? Schriboudi ? Le vocabulaire technique est si vaste.

Là où je veux en venir c’est que des quinquagénaires assez peu au fait de la chose internet et une stagiaire tâtonnante malgré toute leur bonne volonté se plantirent lamentablement.

Ce qui donc émergea de l’exercice, outre un ratage que nous arrivâmes à maquiller pour le client en une réussite « Rendez-vous compte, Michel, 13 like ! – C’est bien ? – C’est pas bien… c’est énoooorme ! » ce sont des profils facebook fantômes.

J’avais addé à travers ces identités virtuelles des gens, un peu au hasard, ceux qui acceptaient.

Et au moment où je pensais « tuer » ces profils devenus inutiles, arrive l’anniversaire d’Aude, un de ces personnages virtuels. Et qu’est-ce qui se passe à l’anniversaire d’Aude…



Merylène travaille avec moi, c’est une blagounette tout à fait acceptable dans le cadre des régulations de la bonne humeur d’open space ISO 2631. Mais quid de Catherine ? Cathy ? Cathicat ? Qui envoie ses vœux, non pas à quelqu’un qu’elle n’a jamais rencontré, mais quelqu’un qui n’existe pas ?

Alors bien sûr me direz-vous en bons fascistes que vous êtes: “n’existe-t-il pas des applications qui transmettent automatiquement des vœux standardisés à tous vos contacts ?” Et je vous répondrai: “j’en ai rien à foutre.”

Parce qu’au fond, qu’est-ce qui est le plus inquiétant : que l’on se préoccupe de ceux qui n’existent pas, par habitude du contact avec ces gens qui n’en sont plus, vidés de leur substance par le biais de l’écran, rendus identiques à Aude, ma fausse amie facebook ? Ou que l’on délègue à des applications le fait d’en avoir quoi que ce soit à foutre ?

Trêve de points d’interrogation, je vous laisse pour méditer sur ce concept d’existence virtuelle cette très belle capture d’écran faite sur le réseau social/site de fan art/faux tumblr créé par Lady Gaga et qui s’apparente manifestement à une prison du net. Ces messages, dont personne ne se préoccupe si ce n’est les nouveaux prisonniers, comme des petits traits à la craie sur les murs de pixels de la geôle tenue par la femme aux quarante mille coupes de cheveux.

J’ai un compte si jamais, addez-moi!

5:50pm  |   URL: http://tmblr.co/Z2xwEwP8DXb2
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mai 11, 2012
LA CONCIERGE, LE RETOUR

On savait déjà que la concierge de l’immeuble dans lequel je travaille a à coeur de préserver le pot-pourri des titans qui conforte le commercial rentrant au bureau, fourbu après une dure matinée de funambulisme verbal, et lui annonce la chaleur d’une salle de réunion amie.

Ce qu’on savait moins, c’est qu’elle est prête à tous les extrémismes absurdes pour maintenir TOUT le hall dans l’état le plus hallique possible: une très grande pièce méchante dans laquelle on a RIEN le droit de faire d’autre que de passer. Caltez volaille qu’on vous dit, c’est pas un endroit pour un de vos events facebook à 52’000 invités ou un botellón ou une mosh flab ou je sais pas trop quoi. 

Le problème c’est que je crois sincèrement moins moche d’imaginer ça:

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que… ça:

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MAIS C’EST PAS UN ECRITEAU NON PLUS. merci

9:25am  |   URL: http://tmblr.co/Z2xwEwLGu9o_
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mai 8, 2012

Et quand pour la seizième fois en deux jours il lui dit "fais des bullet points"  elle se saisit du Glock qu’elle gardait toujours dans son tiroir en cas de fils de pute et lui fit dans le front le dernier bullet point qu’il allait voir de sa vie. L’instant qui suivit, hébétée, elle ne voulut pas réaliser que dès que la nouvelle de “l’accident” se serait répandue, ils allaient se mettre à sa poursuite comme la meute de loups rétro attardés qu’ils étaient et ne plus lui laisser de répit avant qu’elle ait payé sa dette. Elle avait infiltré le milieu sans ambitions d’y grader, en pur observateur, et ça ils aimaient pas. Une fois que t’étais entré dans la famille de la pub, t’y restais. Elle avala d’un trait un verre d’Ovomaltine. Les mauvaises habitudes revenaient mais elle s’en foutait bien à l’instant, elle avait besoin d’avoir les idées claires. 

10:39am  |   URL: http://tmblr.co/Z2xwEwL5ivlb
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